Avant toute chose..


 

Pourrons nous jamais nous affranchir de la conscience de cette nature pécheresse qui nous caractérise, de cette enveloppe charnelle qui a son propre fonctionnement ? 

Pourrons nous un jour échapper à tout ce qui s’imbrique en nous, à notre insu et nous étreint au point de nous imposer des choix, des réactions, des actes?

 

S’il y avait le moindre espoir, Dieu n’aurait pas envoyé son Fils unique pour nous racheter de cette loi qui s’impose à nous et nous garde captifs. L’Ancien Testament témoigne de ce que les lois et principes externes à l’homme, bien que provoquant connaissance et culpabilité, car les deux vont de pair, ne suffisent pas à le libérer de l’influence, de l’emprise de sa coquille charnelle sur son être. Ni la conscience de l’existence, de la présence, de l’interaction avec Dieu, ni son adhésion à la dimension spirituelle avec ses valeurs qui lui est proposée ne permettent aux humains de devenir autre chose que ce qu’ils sont. 

 

L’homme est prisonnier de sa nature, lui-même ne peut s’en libérer. C’est un prisonnier plus ou moins conscient de sa captivité, de ses effets, qui tente par de nombreuses avenues d’en limiter les effets. La confrontation entre sa nature et la volonté de Celui auquel il accepte de se soumettre produit une culpabilité incontournable. On ne parle pas là, d’un simple sentiment d’échec, d’un pincement au coeur ou de remords provoqués par un acte répréhensible et sanctionné. La culpabilité que j’évoque ici est celle qui naît de la rencontre entre l’âme et son Créateur.

 

Cette culpabilité, puisque je choisis de commencer par celle-ci, est bénéfique parce qu’elle accepte de se voir comme Dieu nous voit et de cheminer avec Lui pour en être affranchi. Peut-on être affranchi d’une telle culpabilité? Selon la Bible, certainement. Dieu a pourvu et institué un chemin, une vérité pour que l’homme passe de la culpabilité à la miséricorde, au moyen de la foi. Cette délivrance, c’ est le salut que Jésus est venu apporter, c’est l’accès à Dieu, malgré notre nature pécheresse qui nous gardait captif, parce que séparé du divin. Dès que notre âme peut à nouveau avoir accès à la présence de Dieu, sa Grâce nous affranchis de la conscience de notre culpabilité et nous remplit d’une assurance d’acceptation, de miséricorde qui nous redonne vie.

 

La conscience de notre nature pécheresse est toujours présente, mais nous recevons une nouvelle espérance, une nouvelle aspiration à un changement, une libération désormais possible. Nous entrevoyons alors, la possibilité de vivre sous un autre règne, un autre gouvernement que celui de notre nature pécheresse qui s’imposait à nous. C’est un renouveau, une nouvelle naissance, un élan formidable, dans une dimension nouvelle. 

L’intelligence de cette nouvelle dimension, permet à l’homme, progressivement de s’affranchir d’un sentiment de culpabilité qui ne produit que la condamnation, pour avancer dans une dimension de grâce qui assure des progrès, dans un contexte d’acceptation, de bienveillance, de soutien, d’aide et d’éducation.

 

Certes, le sentiment de culpabilité ne disparait pas, mais il ne paralyse pas. Il permet de percevoir les reculs, les insuffisances, les tentatives qui n’ont pas abouti, mais il est encadré par la grâce. La perception de cette culpabilité au regard de notre volonté de cheminer avec Dieu, provoque l’humilité, aide à prendre conscience de nos besoins. Parfois, cette perception nous incite à demander de l’aide, à dépasser le niveau des apparences pour aller plus profondément, dans notre fonctionnement, chercher les causes, la racine de nos réactions. Toujours, nous cherchons à nous approprier cette délivrance, toute la délivrance, toute la libération que Jésus est venu nous apporter.

 

Nous vivons ainsi dans un espace de grâce : parce que nous ne nous attribuons pas les réussites, nous ne nous pourfendons pas en cas d’échec. Nous savons que la grâce de Dieu, en nous interagit avec notre personnalité pour nous amener à un renouveau, à une régénération. Nos efforts ne suffiraient pas, nous en sommes conscients, mais ils sont nécessaires. Cependant, l’assurance de l’amour de Dieu, de son regard bienveillant, comme celui des parents devant les premiers pas hésitants de leur enfant, nous incite à compter sur Lui, chaque jour davantage pour progresser. 


 


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Tournons nous vers le Seigneur..

 

 

 

Mon coeur autrefois assombri

S'ouvre à Toi, aujourd'hui

Il cherche la voie de la vie

 

Seigneur montre Toi

De mes langueurs, guéris moi

Je ne veux plus être victime de moi...

 

 

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Les remords


 

Parlons maintenant des remords, d’un sentiment exacerbé de culpabilité qui peut devenir oppressant. L’apôtre Paul distingue dans l’épitre aux Corinthiens deux sortes de remords. Sans passer par un détour à la psychologie, il évoque ce remord qui peut être fatal à l’homme. Celui qui n’entrevoyant aucune espérance de mieux-être conduit à la destruction. Il affirme qu’une pression excessive sur celui qui s’est jugé lui-même, et se punit déjà, peut conduire à une oppression insupportable pour sa conscience. Sans le recours à la miséricorde de Dieu, rien dans la vie d’un humain qui adhère à un système de valeurs qu’il reconnaît comme juste, rien ne lui permet de s’affranchir de ce sentiment de culpabilité. Il en devient doublement captif: captif de ce qui cause les actes qu’il pose, et prisonnier du sentiment de culpabilité engendré par ces actes.

 

Le remord qui mène à la libération est celui qui conduit à la rencontre, à une meilleure prise de conscience de la présence de Dieu. La grâce, alors, la conscience et l’acceptation de la miséricorde de Dieu peuvent apaiser le tourment causé par le sentiment profond de culpabilité. L’accès à cette grâce est primordial, source de salut, de libération, source de plénitude de vie. L’accès à l’amour extraordinaire de Dieu pour l’homme est source d’espérance de renouveau. Se sachant pardonné et entre les mains du Créateur qui seul peut nous transformer, nous pouvons espérer être délivré de ce qui nous gouvernait. 

 

La tristesse seule, engendrée par le remord devant l’échec et ses effets, n’est pas rédemptrice. L’emprisonnement ou la captivité de la dépression n’apportent aucune espérance de solution, de changement. La captivité s’installe et produit d’autres effets. Parfois, une introspection dans le cadre d’une relation d’aide permet de reconnecter les effets à des causes profondes, d’y voir plus clair et de commencer à essayer d’en sortir, mais c’est encore dans le contexte de l’amour de Dieu, de sa miséricorde que ces aides se révèlent plus efficaces. 

 

Examiner la question du remord implique de se pencher sur les effets de la grâce. Parce qu’accepter le pardon de Dieu s’accompagne de la volonté de permettre à ce pardon de rayonner en nous, savoir se pardonner devient indispensable. Là encore, le contexte de l’amour de Dieu, des effets de cet amour dans notre fonctionnement émotionnel, doivent pouvoir nous aider à surmonter tout ce qui nous empêche de surmonter le sentiment d’échec et de culpabilité.

 

Par delà les grandes explications d’ordre psychologique, la consolation que Dieu procure, quand son pardon est accepté et intériorisé peuvent soutenir nos efforts pour prendre du recul, sortir de l’oppression et de la tyrannie des ressentis. L’intelligence créée par la connaissance, l’appropriation des Ecritures nous permet de nous situer, de nous installer dans le confort émotionnel de la consolation procurée par Dieu.

 

Il ne suffira pas de le savoir, notre relation avec Dieu, simple comme celle d’un enfant, qui ne comprend pas tout, mais se laisse conduire peut nous permettre, avec le temps de surmonter, de confronter nos ressentis avec les effets de la consolation, de la paix qui surpasse toute compréhension intellectuelle, pour que l’oppression cesse. Parfois, il est nécessaire de comprendre et de se faire aider pour entreprendre un voyage intérieur à la recherche d’éléments qui redonnent clairvoyance et cohérence. Souvent, une foi simple, un abandon profond à l’amour de Dieu, à sa paix suffisent.

 

 


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Pour aller plus loin..

Larry CRABB écrit dans son livre "Bouleversement Intérieur":

"La Parole devrait atteindre le centre de notre coeur, là ou se situent les vraies difficultés. Que faire pour que cette action se produise plus souvent et plus radicalement? Il y a une première réponse toute simple : ouvrir la Bible avec l'intention consciente de s'exposer à sa lumière.(..) 

C'est une démarche extrèmement pénible. Etudiée de cette façon, la Bible tour à tour accuse et console, meurtrit et cicatrise, déroute et apaise (...).

 

L'attitude d'humble dépendance qui reflète l'intention consciente de s'exposer à la vérité biblique nous dictera les bonnes questions à nous poser lors de notre lecture (...)

Nous poserons d'autant mieux les bonnes questions, celles qui ont un impact dans nos vies, que nous aborderons le texte dans le but de mieux nous cerner nous-mêmes. Telle est la première condition pour que l'épée de l'Esprit pénètre dans notre âme."

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La Paix de Dieu


 

Voilà le plan de  Dieu pour nous: que nous puissions nous approprier cette paix qui surpasse tout ce que nous pouvons comprendre et expliquer. Certes, l’interaction, le dialogue sont nécessaires tant en nous-mêmes qu’avec Lui pour prendre conscience de nos besoins, identifier nos difficultés, nos blocages et être capable de les confronter. C'est un dialogue intérieur, un dialogue entre notre coeur et sa Parole, entre Dieu et nous..

 

La prière nous permet ce dialogue intérieur, et devant Dieu, ce cheminement de nos préoccupations, de nos ressentis à la présence divine,  pour nous décentrer, prendre du recul, recevoir la consolation, l’apaisement, après l’épanchement. La prière n’est pas seulement un catalogue de revendications, ni la simple liste de nos besoins, c’est l’occasion de se retrouver face à soi-même, de prendre conscience, de faire la part des choses, tout en se positionnant devant Dieu. 

 

La prière est possible lorsque nous sommes rentrés dans une relation personnelle avec Dieu. Les effets de la prière sont puissants dès lors que nous nous laissons pénétrer de la pensée de Dieu pour nous, au travers de sa Parole. Quand nous méditons les Ecritures, conscients de sa présence, avec la volonté de nous laisser impacter par sa volonté, tous nos schémas de pensée, nos aspirations profondes évoluent. Au carrefour de notre fébrilité et de sa pensée, naissent nos requêtes, car nos faiblesses émergent ainsi que nos besoins. Les circonstances sont analysées, nos craintes, notre dépit identifiés.

 

« Dans le secret de la chambre », dans le secret de notre intimité, sans fard, sans hypocrisie, dans l’authenticité de notre réalité, nous nous positionnons devant Dieu pour le laisser nous pénétrer de sa lumière. Ceci permet une prise de conscience, une mise à distance. Nous sommes ainsi amenés à comprendre et à exprimer nos besoins, en ayant l’assurance d’être entendus, compris, exaucés.

 

La prière n’est donc pas seulement une introspection, elle est surtout communication. Elle permet de transférer au divin nos préoccupations humaines, en s’appuyant sur une extraordinaire espérance, source de libération et de vie. Devant le constat de nos défaillances, ou des effets de celles des autres dans nos vies, devant l’énumération de nos carences et autres insuffisances, nous ne désespérons pas, au contraire, nous comptons sur sa paix pour nous garder. Ainsi la patience, la joie malgré les circonstances peuvent nous aider à surmonter les effets et méfaits de nos réactions émotionnelles. Nous comptons aussi sur son intervention, nous nous appuyons sur la certitude d’une solution pour déjà nous projeter dans un avenir meilleur et être soulagé. Nous nous attendons à un changement, et nous nous disposons à interagir avec Lui pour progresser.

 

Tout cela nous procure un bien-être indescriptible, une résilience dont nous ne serions pas capables, en nous-mêmes, une capacité formidable de rebondir... Le dépit, l'amertume; l'angoisse engendrés par le sentiment de culpabilité sont peu à peu absorbés, détrônés, surmontés..Avec la paix vient la réconciliation avec nous-mêmes, l'espérance, la guérison intérieur, l'ordre divin qui reprend sa place en nous. Restent la conscience du besoin de progresser et la patience, ainsi que la volonté de coopérer avec Dieu pour aller de l'avant...

 


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Tournons nous vers le Seigneur..

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