Dans ce passage du livre de la Génèse ( Gen 3:10), on découvre que la peur est une réaction émotive d'anticipation spontannée, face à un danger éventuel. Comme toute émotion, elle est subjective. Adam ne pouvait pas savoir à quoi s'attendre, mais il pressentait que ce changement dans sa situation pouvait déplaire à Dieu et engendrer des conséquences.

 

On comprend aussi, à la lecture de ce passage, que la peur est une réaction instinctive, naturelle, en dehors même de tout processus d'éducation. Elle est donc inhérente à la vie, et participe du fonctionnement du vivant pour se protéger, se garder en sécurité. A ce titre, c'est une réaction que même les animaux utilisent pour assurer leur survie et celle de leurs petits.

 

Pour autant, quand Dieu intervient dans nos vies, Il agit en nous pour  limiter cette réaction instinctive mais trop subjective de sorte que notre liberté n'en soit pas limitée. En effet, une des caractéristiques essentielles de la peur, c'est son impact sur notre liberté de penser et d'agir.

 

Dans le cas d'Adam, cett peur a pour conséquence de le tenir éloigné de Dieu, de le pousser à se cacher, à se retrancher du rayonnement divin. Sans savoir ce qui l'attend, l'analyse qu'Adam fait de la situation provoque un choix, un recul par rapport à la relation dont il jouissait auparavant avec Dieu. 

 

Dès lors, pendant tout l'Ancien Testament, les enseignements, les mises en garde du Père consistent toutes à faire en sorte que les comportements et actions des hommes ne les mettent pas en péril, à cause de leur nature pécheresse. L'expression " de peur que ou de peur de" reviennent constamment, car de fait l'homme n'a plus accès à la plénitude de la présence de Dieu et ne peut donc l'approcher sans risquer la mort.

 

Il a donc fallu aménager la relation de l'homme à Dieu de sorte que celui-ci puisse guider sans effusion, sans lien resseré. La crainte, voire même la terreur du châtiment fatal est partout, et l'homme ne doit sa survie qu'à la grâce de l'Eternel. 

 

Mais Dieu est attachée à la liberté originelle dont Il a dotée l'homme pour un rayonnement optimum sur la terre. Ce qu'Il veut c'est une crainte légitime et le plus objective possible, contenue dans les limites de la confiance en Lui, bornée par l'assurance de son projet bienveillant. Ce que l'Eternel a prévu pour l'homme c'est une crainte qui débouche sur la sagesse, la prudence, et un attachement profond et permanent à Celui qui en est la source.

 

C'est pourquoi, ses premières interventions auprès de ceux et celles qui se confient en Lui commencent toutes par des expressions comme "N'aie pas peur", "sois sans crainte".. Il va même jusqu'à dire ; "bannis la peur". Certes, Il sait que la peur est inhérente à la nature humaine, mais Il intervient dans nos vies, pour en limiter les effets. 

 

Il nous enseigne sa Parole afin de limiter les effets nocifs de la subjectivité de cette émotion et de ses effets paralysant ou dévastateurs. Comme Adam, souvent, nous sommes tentés de nous replier sur nous-mêmes, de nous immobiliser à l'écart, au lieu de confronter ce qui cause nos peurs. Nous permettons ainsi à ces réactions de dicter nos décisions, ou plutôt l'absence de décision, les non choix, qui sont autant de réactions qui limitent notre capacité à suivre Dieu.


Pour aller plus loin..


Qu'est-ce que la peur ?  (d'après Michelle LARIVEY)

La peur est une émotion d'anticipation. Elle informe l’organisme d’un danger potentiel. Ce n’est pas ce qui se produit dans le présent qui représente un danger, mais ce qui pourrait survenir dans un avenir plus ou moins rapproché (quelques secondes, des jours...). 

La peur est subjective 

L’évaluation du danger est toujours subjective; la peur donc, comme toutes les émotions, est subjective. Dans le premier exemple, on est enclin à considérer la peur comme “objective”, mais elle ne l’est pas plus que dans les deux autres. Dans cette même situation, en effet, un pilote de voiture de course verrait probablement uniquement un défi alors que moi je crains la catastrophe. Cette différence d’interprétation du danger repose sur l’inégalité de notre expérience et de nos habiletés en tant que conducteurs. 

Réaliste ou irréaliste 

La peur est déclenchée par la perception d’un danger. Cette perception n’est pas forcément réaliste même si celui-ci est vécue comme inéluctable. L’imagination joue un rôle important dans la formation de la perception. L’opération mentale qu’est la perception est constituée de quatre éléments: (1) des faits, (2) des émotions, (3) une production de l’imaginaire et (4) un jugement. 


 

De peur de ..

Abraham, dans ce passage a élaboré, avec son épouse, une stratégie pour obtenir les bénéfices de leur passage dans ce territoire, en évitant d'avoir à en subir les conséquences. La peur lui a dicté une stratégie dangereuse, une prise de risque inutile. Il a préféré contourner la vérité et aménager la réalité afin de ne pas s'exposer lui-même à ce qu'il anticipait comme une mort certaine. En exposant ainsi son épouse au danger, Abraham gère sa peur, au détriment de celle de son épouse. 

 

Cet épisode de la vie d'Abraham montre à quel point la peur nous dicte des décisions de survie, face à un danger qui devraient consister en une prudence, une approche mesurée et intelligente de la situation qui engendre la peur. Abraham aurait pu opter pour une stratégie d'évitement, autre alternative courante, face au danger éventuel.. Sa connaissance des paramètres de la situation, des us et coutumes de son époque aurait pu lui inspirer des solutions garantissant la sécurité de tous. 

 

On voit bien cependant, que la peur s'articule aux autres traits de notre caractère, pour nous dicter les choix les plus confortables. La peur conjugue et gouverne parfois nos autres réactions émotionnelles et l'ensemble provoque des choix qui semblent pertinents, compte tenu de nos objectifs. Souvent, cette peur, nous pousse à un management des paramètres de notre environnement qui entraînent de lourdes conséquences. 

 

Trop souvent, les interprétations que nous élaborons à partir de nos perceptions, ou d'une certaine lecture des faits, nous engagent dans un processus de décisions qui nous pousse vers le danger, au lieu de nous en écarter. Ainsi en est il dans cette histoire. Ainsi en est il de tout ceux qui ont plus peur des hommes que de Dieu. Les Ecritures nous enseignent que la crainte de l'homme est un piège, mais celle de Dieu donne accès à la sagesse. Encore faut il comprendre en quoi consiste la crainte de l'Eternel.

 

 


Tournons-nous vers le Seigneur..


 

Ne t'effraie pas...

Ce passage de témoin entre deux leaders ne pouvait pas se faire sans que la peur ne s'imisce dans les affaires de Josué. Sans mentor, face à ce peuple nombreux et capricieux, il se tenait désarmé et fébrile. Anticipant sur la suite du voyage, Josué pouvait entrevoir les difficultés et les obstacles qui ne manqueraient pas de se dresser sur le chemin. 

 

Dieu sait que la peur constitue la réaction première. Il sait que Josué n'est pas équipé, pour identifier cette peur et la gérer. Il intervient pour lui indiquer, d'emblée, l'antidote : Il lui dicte une confiance, une assurance qui doivent lui permettre de surmonter les réactions émotionnelles provoquées par la peur. Le Père ne veut pas que l'attention de Josué lui échappe à cause de la peur, ou que ce dernier soit tout entier sous l'influence de cette émotion et demeure incapable de suivre le plan divin.

 

Aussi, dès l'Ancien Testament, Dieu communique aux hommes le moyen de surmonter les effets indésirables de cette émotion car Il ne veut pas que la capacité des acteurs qu'Il s'est suscité soit réduite ou affectée par la peur. Il intervient parce que la subjectivité de cette émotion peut empêcher une gestion rigoureuse et pertinente des faits et surtout réduire notre capacité à le suivre.

 

Il manifeste alors sa présence rassurante, nous aide à trouver la démarche à adopter pour parvenir à la cible, sans se laisser arrêter par la peur. La foi sera donc, dès l'Ancien Testament l'élément essentiel de la relation de l'homme à Dieu. Une foi qui affecte sa perception des éléments de son environnement de telle sorte que malgré les dangers éventuels, l'action soit envisageable, et cela selon la volonté de Dieu.

 

Quand la peur provoque les compromis, la foi amène et fortifie l'obéissance, malgré le danger, la prise de risque malgré la possibilité de l'échec. La foi rend possible une telle adhésion au projet de Dieu que la peur ne peut plus tenir en échec l'âme qui se confie en Lui. La liberté d'action, selon la justice du Seigneur est donc préservée, la capacité de se laisser guider aussi.

 

En outre, Dieu amène d'autres éléments d'informations sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour combattre la subjectivité de la peur. Il nous communique dans sa Parole, des éléments de vérité, des éléments objectifs, concernant sa volonté, ses attributs de sorte qu'en nous y référant nous adoptons une démarche plus assurée. En faisant reculer l'ignorance, en diminuant les zones d'ombre, le Seigneur réduit d'autant l'influence de la peur. Il nous aide ainsi à gérer les caractéristiques de notre fonctionnement charnel. Comme Josué nous nous appuyons sur la Parole pour fortifier notre foi et limiter les effets de la peur.


Pour aller plus loin..

D'un point de vue neurologique, la peur est essentiellement une activation de l'amygdale (ensemble de noyaux au niveau des lobes temporaux)1. L'activation de l'amygdale correspond généralement à un sentiment de danger imminent. Elle peut entrainer une inhibition de la pensée et prépare l'individu à fuir ou à se défendre.

Certains psychologues tels que John B. Watson, Robert Plutchik et Paul Ekman ont suggéré que la peur était créée par un flux d'émotions incluant lajoie, la tristesse et la colère. La peur devrait être distinguée de l'état d'anxiété. Par ailleurs, la peur est générée par les comportements spécifiques de l'évitement et de la fuite, alors que l'anxiété est le résultat de menaces perçues comme étant incontrôlables ou inévitables

 

Wikipedia

La peur est grandement classifiée en deux types : peur externe et peur interne.

  • La peur externe est une peur extérieure dont l'individu est motivé d'éviter.
  • La peur interne est une peur intérieure connectée à une émotion souvent négative (ex. : sous-estimation de soi).

La peur peut être décrite selon les émotions ressenties par un individu. Ces émotions varient entre la prudence jusqu'à une extrême phobie etparanoïa. La peur est connectée par un nombre d'états émotionnels et cognitifs incluant l'inquiétude, l'anxiété, la terreur, l'horreur, la panique et lacrainte. Les expériences de la peur peuvent se manifester longtemps après avoir été vécues, c'est-à-dire que l'individu peut revivre ses peurs durant des cauchemars, ou durant des nuits de terreur. Certaines pathologies liées à la peur (définies par des peurs irrationnelles et persistantes) peuvent inclure de différents types de troubles anxieux qui sont très répandues, et également certaines maladies sévères comme la phase extrême du trouble bipolaire et certaines formes de schizophrénie.

L'expérience de la méfiance peut être expliquée en tant que sentiment de peur ou de prudence, habituellement en réponse à une personne dangereuse ou peu familière. La méfiance peut survenir lorsque quelque chose ou quelqu'un est remis en question ou inconnu. Par exemple, un individu peut se méfier d'un autre lorsque celui-ci agit d'une manière improbable ou peu commune. La méfiance est également considérée comme une prévoyance et une remise en cause de situations qui peuvent devenir à tout moment effrayantes voire dangereuses.

La terreur est une forme très prononcée de la peur. C'est une sensation de danger imminent. Elle peut également être causée lors d'une phobie. La terreur peut conduire une personne au point de choix irrationnels et d'un comportement atypique. La paranoïa est un terme utilisé pour décrire unepsychose de la peur. Celle-ci est expérimenté en tant que sentiment de persécution. La paranoïa est un état d'âme extrême combiné aux cognitions, plus spécifiquement, aux délires. Ce niveau de peur peut indiquer qu'un individu a changé de comportement d'une manière extrême ou mal-adaptée.

 

Wikipédia


Tournons-nous vers le Seigneur..


 

La solution...

La Nouvelle Alliance, comme chacun sait est basée sur de meilleures promesses. La venue et le sacrifice de Jésus nous ouvre un accès à une plénitude de vie, car la foi en Lui désormais fait de nous de nouvelles créatures (1 Cor 5:17).

 

Non seulement notre foi en Dieu, notre connaissance de sa Parole, de ses principes nous équipent pour nous rendre capables de surmonter la peur, mais en plus, l'Esprit saint développe en nous une nouvelle nature. Le problème de la peur trouve ainsi sa solution, dans l'équipement divin que le Seigneur a pourvu pour les croyants. 

 

Aujourd'hui notre foi peut donc rayonner et nous rendre capables de devenir ouvriers avec Dieu, dans l'accomplissement de sa volonté, malgré les obstacles et les difficultés que nous pouvons anticiper. Comme Jésus, nous pouvons contempler le chemin, savoir que les épreuves ne manqueront pas de joncher notre route, sans nous laisser impressionner par l'adversité.

 

Nous pouvons même envisager des sacrifices douloureux, être confrontés à des montagnes, cheminer avec Dieu dans la vallée, frôler les catastrophes, "marcher dans la vallée de l'ombre de la mort", sans défaillir et prendre des risques avec notre Seigneur. Nous sommes surtout capables de suivre Dieu, en tout temps, de ne pas privilégier le confort, sans craindre l'échec et la honte.

 

Parfois, souvent, la peur de l'échec, de la honte, du rejet empêchent certains d'obéir au Seigneur mais Dieu nous a équipés d'une nature, d'éléments constitutifs  d'un caractère qui ne se laissent plus ni affecter ni intimider par la peur. Nous pouvons donc faire équipe avec Lui sans que notre nature charnelle ne réduise cette liberté. Notre témoignage peut donc être puissant et efficace. Nous pouvons être la lumière et le sel de la terre, sans craindre les conséquences, sans craindre l'adversité.



 

La crainte de l'Eternel

Voilà la seule crainte que Dieu nous permet de cultiver. Il ne s'agit pas de la peur qu'a connue Adam, après le péché. Il s'agit de garder une révérence, une volonté farouche de respecter, honorer, et accorder la plus grande valeur à la volonté du Seigneur.

 

Si nous cultivons une crainte, c'est celle de passer à côté de la volonté divine, celle de rater son plan ou de faire obstacle à son projet. Nous désirons par-dessus lui permettre de faire sa volonté en nous et à travers nous. Cette crainte de nous retrouver en dehors du plan divin, nous amène à rester à l'écoute de son Esprit, lui permettre de nous guider, de nous instruire, de nous équiper.

 

C'est aussi cette crainte qui fait de nous des acteurs éclairés de la volonté de Dieu, nous nous soumettons, nous cherchons à comprendre, à mettre en oeuvre, en tout temps ce qu'Il veut, sans nous laisser intimider. La peur ne nous pousse plus à nous cacher comme Adam craignant la sanction divine, mais elle provoque en nous une ouverture de coeur et d'esprit qui permet au Seigneur de nous instruire.

 

Ainsi, Il nous remplit de prudence, de tous les bénéfices de la connaissance de sa Parole, de la fréquentation de sa présence, de la soumission à son Esprit. Il développe en nous une intelligence spirituelle qui nous fortifie puissamment dans notre être intérieur et fait reculer les effets pervers de la peur de nos coeurs.

 

Il nous rend capables d'identifier les peurs qui essaient de nous paralyser, de contrer les effets des frayeurs et des tentatives d'intimidation, afin de garder le contrôle de nos vies, pour les lui soumettre en tout temps. Il nous rend capable de résister aux tentatives d'intrusion dans nos coeurs par toute sorte d'ambitions, de convoitises pour se soustraire aux craintes de honte ou de rejet. Nous pouvons reconnaître les différentes manifestations de la peur, et ses corollaires et les gérer efficacement.

 

Nous pouvons enfin, gérer nos vies, nos projets de manière pertinente et efficace, et plus nous en sommes capables, plus nous nous équipons contre la peur...

 


Pour aller plus loin..