Définition

Maintenant laisse-moi ; ma colère va s'enflammer contre eux, et je les consumerai ; mais je ferai de toi une grande nation.

La colère n'est souvent présentée que comme un péché capital en cela qu'elle peut provoquer une série de péchés plus graves encore. Pourtant, dans ce passage, on la retrouve liée à l'idée de justice, à l'idée qu'elle puisse être légitime et juste.

 

Oui, c'est bien Dieu qui s'exprime dans ce passage, et dans d'autres épisodes de ses relations avec les humains. Il exprime ses réactions, face à l'entêtement de l'humanité. Cette colère divine ne s'apparente pas à la nôtre parce que Dieu est source de vérité, de justice, source d'amour aussi pour tous les hommes et Il indique par sa "colère" la frontière entre ce qui lui plaît et ce qui s'oppose à sa volonté.

 

La colère de Dieu est donc salutaire pour l'homme. Elle nous permet de distinguer entre le bien (défini par Dieu) et le mal, entre ce qui est juste selon notre Seigneur et ce qui constitue une voie de perdition de l'âme. C'est l'amour du Père pour sa Création qui provoque ce soulèvement, cet emportement, lorsque l'homme qu'Il a crée, persiste dans la voie de l'égarement. Notre Père ne reste pas indifférent à nos choix, à nos erreurs. Il est affecté par tout cela et exprime sa réprobation. 

 

Son amour inclut le châtiment mérité par les fautes délibérées des humains, qui s'obstinent à ignorer ses avertissements et ses instructions. Quand les hommes piétinent cette grâce, l'Eternel exprime son désaccord de manière claire et juste, à la mesure de l'entêtement de sa Création afin de la ramener dans le droit chemin. 

 

Le Seigneur veille et manifeste sa présence, et pour exprimer ses réactions, les auteurs de la Bible les ont apparentées à nos émotions, en traduisant dans notre langage, ce que Dieu a voulu exprimer et nous faire comprendre. Cependant, il faut prendre garde à ne pas confondre la Parole de Dieu, ses réactions, dans sa justice divine et dans la vérité avec nos états d'âme. 

 

Notre colère, issue et alimentée par notre nature pécheresse, ne peut être mise sur le même plan que la colère divine. Seule celle de Dieu est légitime car Il est le seul Dieu souverain, Créateur, Maître, et c'est sa volonté qui doit primer. En ce qui nous concerne bien que notre colère puisse avoir des causes compréhensibles, bien qu'elle puisse être générée par de vraies frustrations, de véritables offenses, on ne peut lui laisser libre cours.

 

Cain en a fait la triste expérience, malgré les avertissements de Dieu, sa colère l'a poussé au meurtre, car elle était provoquée non pas par son bon droit, mais par la jalousie qui avait pris le contrôle de ses pensées. La colère des hommes est donc souvent une émotion secondaire, adossée à d'autres états d'âme plus ou moins conscients, plus ou moins avouables qui s'expriment de manière confuse. 




La colère dans la Bible..

 Voici un extrait d'un article de Jacques Poujol  paru sur le site de relation d'aide :http://www.relation-aide.com/dossiers/description.php?rech=ok&id=94&cat=9 

 

Que dit-elle réellement de la colère ? On trouve environ 600 références bibliques concernant les mots : colère, courroux, fureur, indignation, rage. Un tiers parlent de la colère de l’homme, deux tiers de la colère de Dieu ! A titre de comparaison, le mot amour ne revient que 350 fois…

 

Il y a plusieurs mots en grec dans le Nouveau Testament pour la « colère ». Comme l’explique Westphal, les deux principaux, orgè et thymos, éclairent sur les deux grands types de colère possibles, bien qu’il y ait quelques variantes. Ainsi, les textes bibliques distinguent la « bonne » colère de la « mauvaise » colère :

 

 

§         orgè signifie de manière générale la colère-émotion, l’expression normale de l’injustice, la « bonne colère ». On retrouve ce terme dans plusieurs circonstances : la colère que Dieu éprouve face aux péchés des hommes, l’indignation de Jésus envers les pharisiens au sujet de l’endurcissement de leur cœur après une guérison un jour de sabbat, ou bien dans la parabole des invités où le maître de la maison est fâché par l’absence des convives ou encore l’irritation de Paul devant les idoles d’Athènes.

 

C’est aussi cette colère que Paul nous demande d’avoir en Ephésiens 4.25-28 lorsqu’il écrit : « Mettez-vous en colère ». Notons qu’il n’est pas dit : « si vous vous mettez en colère » ; c’est bien un impératif présent qui est employé ! Ce texte, rappelons-le, est en relation avec la marche dans la vérité avec son prochain. Etre vrai avec son prochain, c’est aussi s’autoriser à être en colère face aux injustices subies.

 

 

§         thymos est un type de colère violente, agressive, où la personne s’emporte, parfois avec fureur, c’est-à-dire qu’il s’agit de la « mauvaise colère ». Le plus souvent, le mot indique la colère qu’il nous faut éviter, la colère négative par ses réactions inconsidérées. C’est le cas d’Hérode qui, pris d’une grande colère (thymos), envoie tuer les nouveaux nés juifs de Bethléem (Matthieu 2.16) ou bien les habitants de Nazareth qui sont remplis de fureur (thymos) face à Jésus (Luc 4.28).

 

C’est cette colère que Paul évoque en Galates 5.20 lorsqu’il écrit que « les œuvres de la chair, c’est la colère (thymos) ». Il oppose dans ce même passage les œuvres de la chair avec les fruits de l’Esprit. L’un d’entre eux, makrothumia, souvent traduit par « patient » signifie « lent à la colère ». Ce terme désigne une colère longue à exploser. Pour qu’elle soit longue à exploser, il faut qu’elle soit là, ce qui sous-entend que la Bible ne dit pas de ne pas avoir de colère, mais demande de la gérer avant qu’elle ne devienne « longue à exploser ». Le fruit de l’Esprit ne consiste pas à ne pas éprouver de la colère, mais à l’exprimer convenablement.

 

 

La colère est parfois une mauvaise colère, tout d’abord à cause de son expression inappropriée mais aussi de par son origine, sa motivation. Ainsi Hérode, non seulement est rempli de thymos, une colère exprimée violemment, mais en plus, il en veut à Jésus alors que celui-ci ne lui a pas fait de mal.

 

En ce qui concerne un autre texte connu sur la colère en Ephésiens 4.26, c’est un autre terme qui est employé : « Mettez-vous en colère (orgé), ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère (parorgismos) ». Le terme employé ici, parorgismos, exprime la colère qui couve, celle qui n’est pas exprimée. C’est aussi le même mot utilisé en Ephésiens 6,4 lorsque Paul ordonne : « Pères, n’irritez pas vos enfants ». Ce verset incite donc les parents à ne pas avoir de comportement qui susciterait chez leurs enfants une colère juste qu’ils n’auraient pas le droit d’exprimer.

 

 

Plus de ressources sur le sujet

Qu'est-ce que la colère ? http://www.redpsy.com/guide/colere.html


La colère est un émotion simple qui traduit l'insatisfaction. Elle est vécue à l'égard de ce qu'on identifie, à tort ou à raison, comme étant "responsable" de notre frustration. On éprouve donc de la colère envers "l'obstacle" à notre satisfaction. 

C'est sur cet aspect que la colère se différencie fondamentalement de la tristesse (qui elle aussi traduit une frustration). Dans la tristesse, on est directement en contact avec le manque lui-même, alors que la colère est une réaction à la cause de la frustration. 

La colère est une émotion que nous vivons fréquemment. En effet, il y a de multiples occasions d'insatisfaction durant une journée de vie. De plus certaines d'entre elles perdurent parce que nous négligeons de nous en occuper adéquatement. 

Selon l'importance de l'insatisfaction , la colère prend différentes intensités et diverses identités. Pour n'en nommer que quelques-uns, disons que le mécontentement et l'irritation se situent à une extrémité, alors que l'exaspération et la fureur sont près de l'autre extrémité. 

Il y a aussi divers genres d'insatisfactions qui s'expriment à travers une gamme d'émotions de colère reflétant leurs particularités. La rage, par exemple, est déclenchée en partie par l'impuissance à se soustraire à la situation non désirée. La révolte est spécifique aux situations où on perçoit une injustice. Plusieurs émotions traduisant de la colère sont composites, comme le mépris, la jalousie, le dépit, la rancune... 

Comment gérer la colère

par Claire Colvin

 

Dans cet article, entre autres éléments de réflexion importants, vous trouverez cette explicitation:

 

" En effet, l'émotion à la base de la colère est la souffrance. C'est elle qui cause ton énervement. Réfléchis, pose-toi la question : "pourquoi suis-je en colère ? Y a-t-il eu injustice, ou empêchement à ce que je souhaitais faire ou dire ? Est-ce que je me sens rabaissé, ignoré, mal compris, pas à la hauteur...?" Cette étape est cruciale. Mettre des mots sur les émotions à la racine de la colère, identifier ce qui se joue en toi, va faire tomber cette colère presque instantanément, comme on éteint le feu sous une casserole d'eau bouillante. Tu vas pouvoir gérer sainement ta colère et parler posément à autrui parce que tu sauras ce qui se passe en toi. Les mots nous permettent de nous débarrasser de nos émotions."


C'est important de comprendre comment le mécanisme de nos émotions peut prendre le dessus sur notre raison, nous rendre inopérants et causer des disfonctionnements importants. 

Réfléchissons...

Tous ces éléments de réflexion nous interpelle sur l'état de notre âme, face aux stimulis de notre environnement. Quand la Bible nous recommande de garder notre coeur, ou même d'avoir recours à la prière, nous comprenons pourquoi le Seigneur se préoccupe ainsi de ce qui se passe en nous. 

Nous prenons bien soin de notre apparence physique, nous entretenons notre potentiel intellectuel, mais souvent nous négligeons notre fonctionnement émotionnel. 

 

Nous ne veillons que très peu sur nos besoins, notre niveau de maturité émotionnel. Pourtant, ces éléments peuvent s'avérer déterminant dans l'accomplissement de notre destinée. La croissance spirituelle inclut la gestion émotionnelle de notre être, notre capacité à interagir avec les autres, en tout temps. Notre manque de connaissance, en la matière nous rend souvent plus vulnérables qu'il n'y paraît, parce que nous refoulons nos réactions, nous enfouissons plus ou moins consciemment tout ce qui peut l'être, jusqu'à ce que nous perdions, parfois, le contrôle.

 

Il faut bien admettre que nous ne sommes pas tellement préoccupés de nos besoins émotionnels, pour surmonter nos faiblesses et optimiser notre potentiel. Notre seule arme est souvent la discipline pour appliquer, au mieux, la Parole de Dieu dans nos vies, en évitant de voir la réalité de nos états d'âme en face. Pourtant, la Parole de Dieu se préoccupe du fonctionnement émotionnel de nos âmes, de nos ressentis, de nos réactions, de nos attitudes. Quand le Seigneur Jésus insiste sur le pardon, c'est parce qu'il sait les dommages causés par la rancune, l'amertume, la frustration, la colère qui finit par culminer en rage, en dépit, en ressentiment et en une telle confusion que la raison ne peut plus contenir le torrent d'agressivité qui s'exprimera par la violence.

 

Chaque fruit de l'Esprit est une réponse aux débordements de notre nature pécheresse. Tous sont une réponse à notre fonctionnement émotionnel, aux appétits et convoitises et aux frustrations qui accompagnent leurs expressions et leurs activités. Jésus a bien expliqué que c'est de l'abondance du coeur.. Cette abondance est surtout mauvaise, souvent incontrôlable, et exige notre coopération avec l'Esprit de Dieu pour aboutir au changement que l'Evangile promet..

Quelques causes à traiter : les croyances toxiques

Dans cette vidéo, il est question des relations dans l'entreprise, mais nous avons tous à gagner à méditer sur ces pistes de réflexion afin d'identifier les causes probables, les éléments déclencheurs, et les gérer.

Pour aller plus loin..

 

Bonne ou mauvaise colère ?

par Claire Colvi


Pour bien gérer quelque chose, il faut en savoir l'origine et le fonctionnement. La colère est une émotion nécessaire et normale. C'est un sentiment qui est un signal d'alerte indiquant que quelque chose s'est mis en travers de notre but, de notre souhait : aller quelque part, être tranquille, réussir... En elle-même la colère n'a donc rien de mauvais. Comme la douleur, elle nous aide à repérer ce qui se passe en nous.

La colère est une réaction qu'il faut savoir identifier et dont on doit comprendre les manifestations en nous: causes, expressions, conséquences.

Il s'agit en effet, de demeurer attentif à ce qui se passe en nous, dans certaines situations, pour comprendre les mécanismes qui se mettent en place et agir sur les causes, en amont.

 

Parfois, nous voulons aller au-delà de nos capacités, de ce qui est raisonnable, pour faire plaisir et quand nous sommes confrontés à des déceptions, des contrariétés, ou quand nous sommes épuisés, mais soudain surpris désagréablement, nous réagissons vivement, avant même d'avoir pu identifier la frustration, la souffrance qui provoque la colère.

 

Bien que ces ressentis soient légitimes et compréhensibles, en amont, nous avons eu tort de nous laisser impliquer au-delà du raisonnable, et nous avons permis à un engrenage de se mettre en place. Personnellement, cela m'est arrivé souvent, pour faire plaisir et je me suis emportée pour des broutilles parce que je m'engageais sans réfléchir, sans réserve dans une situation qui me dépassait par la suite. 

 

Dans toutes ces situations où nous interagissons avec les autres le mot-clé est: Sagesse, et la tempérance vaut aussi pour la maîtrise de ces engagements, de nos implications. En voulant trop bien faire, souvent, on accumule les frustrations, dans un perfectionnisme inutile et stressant. Derrière ces exigences, se dissimule un orgueil qui ne dit pas son nom, mais garde esclave tous ceux qui ne le comprennent pas.

 

Trop souvent, on ignore les recommandations, les précautions, la mesure, qu'il faudrait utiliser avant de commencer, et tandis que l'on chemine avec les autres, on projette sur eux nos propres besoins et schémas de pensée, on ne prend pas le temps de bien comprendre le projet, le contexte, les acteurs, les valeurs véhiculées par l'ensemble, on fonce, et quand viennent les difficultés, on se fâche.

 

Enfin, notre manque de maturité, souvent, notre incapacité à prendre du recul nous poussent à nous accrocher à notre conception, à nos opinions, à les justifier contre vents et marées, sans pouvoir nous remettre en question. Nous réagissons plus que nous agissons, dans ces moments-là parce que nous sommes prisonniers de nos émotions. Plus nous sommes contestés et plus nous nous emportons. Le mot clé dans ces situations est Humilité.

 

La Parole de Dieu nous permet de nous examiner, de demander à l'Esprit de sonder nos coeurs, de nous révéler l'état de notre âme, face à des situations qui nous laissent perplexes ou frustrés, avant que la colère ne s'installe et ne produise des effets..

 

Corinne BROOKSON


Développer des compétences émotionnelles...

Il s'agit en effet de développer une sorte d'intelligence, de compréhension du fonctionnement émotionnel : le sien et celui des autres afin de ne pas tomber dans les pièges de la colère, de ce qui la déclenche, l'entretient.. Comprendre c'est déjà commencer à gérer..