Définition

Sens 2 Tristessemélancolie mélée

 à du ressentiment [Figuré]

Synonyme affliction 

Anglais bitterness

 

http://www.linternaute.com/

dictionnaire/fr/definition/amertume/

L'amertume est un mélange de colère, de révolte et de tristesse à l'égard de souffrances qu'on a vécues comme étant injustes. On garde de ces expériences un goût amer parce qu'il nous semble que les responsables de la situation (en général on impute la responsabilité à d'autres que soi) auraient pu éviter de nous imposer ces souffrances. (A bl).

On garde un goût amer aussi parce qu'on reste prisonnier de ces sentiments qui deviennent "empoisonnants" à la longue. Il y a toujours de la rancune dans l'amertume (mais celle-ci ne contient pas toujours de l'amertume). La rancune est une colère persistante. Elle persiste parce qu'elle n'a pas connu d'aboutissement. Il en va de même pour l'amertume qui demeure si on ne pose pas les actions nécessaires pour aller au bout de cette expérience et boucler la boucle.

 

http://voyagedevie.canalblog.com/archives/2006/06/22/2144062.html


Analyse

L’analyse pertinente de Max Scheller nous fait pénétrer dans les méandres de l’âme humaine :

«  Le ressentiment est un auto-empoisonnement psychologique, qui a des causes et des effets bien déterminés. C’est une disposition psychologique, d’une certaine permanence, qui par un refoulement systématique, libère certaines émotions et certains sentiments, de soi normaux et inhérents aux fondements de la nature humaine, et tend à provoquer une déformation plus ou moins permanente du sens des valeurs, comme aussi de la faculté de jugement. Parmi les émotions et les sentiments qui entrent en ligne de compte, il faut placer avant tout : la rancune et le désir de se venger, la haine, la méchanceté, la jalousie, l’envie, la malice. »

Le qualificatif « auto-empoisonnement » es tout à fait approprié. Confrontée à l’incapacité de pouvoir prendre une distance émotionnelle face à une situation douloureuse, la personne tombe dans l’apitoiement sur elle-même et auto-alimente le processus négatif dans lequel elle s’enferme.

L’amertume peut être contagieuse lorsqu'elle rencontre chez l’autre l’oreille de la frustration. Comme le liquide coloré que l’on verse dans une eau claire, elle se diffuse et envahit son espace.

 

http://www.en-route-pour-le-ciel.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1098:amertume&catid=92:reflexions&Itemid=264

Une nature régénérée


 

Dans sa lettre aux Ephésiens, l'apôtre Paul prend le temps de bien expliciter toutes les bénédictions spirituelles que nous recevons du Père, en Christ, par la foi. Dans chacune de ces épîtres, par ailleurs, il s'attache à expliquer, à souligner la transformation de notre nature opérée par l'Esprit saint, tandis que nous cheminons avec Dieu.

 

Après avoir exposé le processus de régénération par lequel Dieu nous transforme dans sa lettre à l'eglise de Rome, il réhitère, dans toutes ses lettres, ses recommandations, quant à notre fonctionnement avec notre nouvelle nature. Si la loi avait exposé clairement la volonté de Dieu concernant la sanctification, sans donner aux hommes, la force, la capacité d'accéder à un tel standard, il n'en est pas de même pour la Nouvelle Alliance. Cette dernière, nous délivre, nous restore, nous guérit et nous équipe pour nous rendre capables d'obéir à Dieu.

 

Dans l'épître aux Ephésiens, Paul instruit les bien-aimés à propos du plan du Père pour notre salut: il expose le rôle de Christ, la place et l'impact de la croix, la réconciliation entre le Père et les hommes ainsi que ses effets sur notre vie. Il ajoute le rôle de l'Eglise dans notre éducation spirituelle, notre croissance, notre édification, notre rayonnement. 

 

Ainsi, l'architecture spirituelle que Dieu a prévue, les dons faits aux hommes, l'articulation des ministères, tout est pensé pour nous permettre de passer d'un état de captivité à celui de bien-aimés mûrs, solides, marchant dans la sanctification que Christ nous a acquise sur la croix. La volonté du Père c'est que nous marchions dans la liberté. Aucune oppression, aucune captivité ne doit nous remettre en esclavage.

 

C'est pourquoi, nous sommes fortement incités à ne pas permettre à l'amertume de reprendre le contrôle de nos âmes. Cette amertume, on le comprend bien, à présent mêlent la colère sourde et sournoise, à la frustration, à l'impatience, à une rébellion qui ne dit pas son nom. Elle se nourrit de tous les incidents qui émaillent notre parcours et que l'on refuse d'oublier, de laisser de côté, toutes les souffrances occasionnées par nos relations avec les autres. Elle est aussi constituée de regrets, de dépits, d'un mélange de jalousie, d'envie, d'ambitions contrariées.

 

L'amertume est produite par un fonctionnement charnel qui refuse de se soumettre entièrement à Dieu, un fonctionnement charnel qui ne se laisse pas dominer par l'Esprit. C'est un état d'esprit qui ne se laisse pas éduquer, transformer par la grâce, la douceur, l'amour, la patience de Dieu. Le vrai problème c'est que souvent, malgré notre connaissance des principes de Dieu, nous ne changeons pas nos aspirations profondes, nos schémas de pensée. Nous conservons notre culture, notre attachement aux choses de ce monde. Le contexte de notre environnement influe plus sur nos choix, nos positionnements que la Parole de Dieu. 

 

Tout ce que nous recevons des Ecritures doit nous amener à nous détacher, nous décentrer du monde, mais aussi de nous-mêmes, pour donner au Père la première place et Lui permettre de dominer nos vies. Si cette domination n'est pas établie carrément sur nos coeurs, nous permettons à la chair de garder le contrôle de nos attitudes, et de notre croissance en Christ. C'est pourquoi, l'apôtre Paul nous enjoint de batailler ferme contre l'animosité pour ne pas se retrouver sous son influence.

 

 


Pour aller plus loin

Les 4 sources de l'amertume : article à lire en suivant le lien suivant :

http://eglise-agape-colmar.over-blog.fr/article-sortir-de-l-amertume-65069513.html

 

1° source d'amertume : mes besoins personnels

2° source d'amertume: être face à une rude épreuve

3° source d'amertume: nos mauvais choix

4° source d'amertume: notre mauvaise attitude

 


Et voici la conclusion de cet article :


" L’amertume ne doit pas caractériser notre nouvelle vie en Christ. Nous devons nous en dépouiller, afin qu’elle n’ait pas de répercussions sur notre vie. Et le contraire de l’amertume, c’est la douceur.

Avec l’amertume, notre vie devient stérile. Car si nous sommes en colère contre quelqu’un, nous ne pouvons pas être en phase avec Dieu. Nous devons nous décentrer de nos besoins, les déposer au pied de la croix. Nous devons aimer nos frères et sœurs tels qu’ils sont, et accepter que nous ne puissions pas les changer.

Dieu voit tes souffrances, il sait tout ce que tu as vécu. Mais arrête de faire la guerre, arrête d’exiger, remets-toi à Lui et accepte d’être aidé. Car l’amertume ronge ta vie, et tu  attristes le St Esprit. Reconnais que tu es responsable de la façon dont tu vas réagir. Souviens-toi que Jésus, pas Ses meurtrissures, a porté ton amertume à la croix. Il s’est laissé dépouiller. Si tu veux suivre Jésus, tu dois marcher sur ses traces

Mais sois rassuré, à un moment ou à un autre viendra la délivrance. Dieu va se lever pour ta vie. Et tu auras cet enfant appelé Manassé, la consolation. Tu seras doublement fécond. Sors de ta source d’amertume, fais ce que le Seigneur te demande, et Il va te conduire vers douze sources ! Comme à  l’oasis d’Elim. Tu auras l’embarras du choix !

Cesse de ruminer ton passé, regarde à Dieu, continue à bénir et demeure ferme dans la bonne attitude. Car « A celui qui est ferme dans ses sentiments Tu assures la paix, la paix, Parce qu'il se confie en toi. » (Esaïe 26 v 3)."

 



 

Garder son coeur


 

Après avoir averti les bien-aimés sur les méfaits de la colère, l'apôtre Paul nous rapelle dans ce verset, que nous avons un ennemi qui sait utiliser notre fonctionnement charnel pour le retourner contre nous. Il nous pousse à une analyse charnelle des incidents qui émaillent notre route, et, en affectant nos perceptions, il provoque des réactions, des choix, des positionnements contraires à la volonté de Dieu.

 

En remplissant nos âmes d'amertume, de dépit, de frustration, l'ennemi nous tient de plus en plus éloignés de notre Dieu, et incapables de garder un esprit reconnaissant. Nous ne sommes plus capables de percevoir, de recevoir les manifestations de la bonté du Seigneur. Notre joie, notre paix sont peu à peu affectées, asséchées, l'amour de Dieu pour nous perd de son éclat et notre âme se languit, refuse de s'épanouir et de se laisser consoler.

 

Dieu sait que de nombreux incidents, des contrariétés vont nous attrister parfois, mais Il se présente à nous comme le Père de toute consolation, et Il nous a donné son Esprit, le Consolateur, afin que nous soyons restorés, et que sa paix garde nos coeurs et nos pensées. Même quand, même si on n'a pas accès à un psychologue, le Père est le spécialiste inconstestable de toute délivrance. Il a oint son Fils spécialement dans ce but, et son Esprit demeure en chacun, en permance, pour accomplir la même oeuvre de libération et de régénération.

 

Non seulement, Il nous libère de notre passé, des éléments douloureux de notre histoire personnelle, mais en plus Il nous remplit, nous garde, nous conduit, nous instruit par sa Parole, pour que nous demeurions dans sa paix et sa joie. Mais si nous ne comprenons pas que la lumière ne peut pas cohabiter avec les oeuvres ténébreuses de la chair, nous continuerons à donner accès au diable par nos schémas de pensée et nos aspirations profondes. 

 

Ceux qui continuent à nourrir des ambitions aussi sournoises que nocives, des prétentions et des projets pour leur confort personnel sont des victimes potentielles du dépit, de la frustration, de la colère sourde, lorsqu'ils découvriront que leur volonté se heurte à celle de Dieu. Le problème c'est que la soumission au Père est difficile quand on garde le contrôle de sa vie. Le problème c'est que l'ordre divin finit par prévaloir et qu'à ce moment-là, faute de pouvoir s'en prendre à quelqu'un en particulier, c'est envers Dieu que s'exprime cette amertume, mais elle se cache derrière de vaines et fausses raisons.

 

Cette rébellion qui ne dit pas son nom permet à l'ennemi de s'inviter, de s'impliquer dans la vie de ces croyants, et ceux-ci deviennent misérables.

 


Tournons-nous vers le Seigneur..

L'arsenal pour se garder


 

L'apôtre Paul n'était pas un fin psychologue, ni même un psychiatre patenté, en son temps, mais Dieu lui avait révélé les tréfonds de notre nature charnelle, ses faiblesses, ses ténèbres et ses nombreux maux. L'apôtre a aussi reçu du Père, les principes du royaume qui permettent non seulement la libération mais surtout la liberté, la santé spirituelle, émotionnelle et mentale.

 

L'apôtre s'est donc attaché à décrire les caractéristiques de notre nature charnelle et les a mis en parallèle avec les attributs de la nouvelle nature régénérée que l'Esprit produit en nous. Il instruit ainsi les croyants dans l'épître aux Galates sur les oeuvres de la chair et leur explique ce que l'Esprit saint veut générer en nous. Il invite chacun à comprendre et privilégier les oeuvres de l'Esprit, et notamment l'amour qui constitue l'essentiel, l'élément primordial de notre nouvelle nature.

 

Cet amour selon Dieu, de source divine qui est versé dans nos coeurs par l'Esprit fonctionne en nous comme un véritable antidote à l'amertume, le dépit, la frustration. Plus on aime Dieu, avec son aide, plus on s'appuie humblement sur Lui, plus on est conscient de sa prédominance et désireux que sa volonté soit faite et non la nôtre. Comment guérit on de l'amertume, en aimant Dieu, plus que soi-même et de toutes ses forces. La soumission à Dieu lui permet de garder nos coeurs et nos pensées, par sa paix, sa joie. C'est sa volonté.

 

Souvent, quand l'amertume a pris racine et produit des effets terribles, des troubles et des dysfonctionnements, les victimes de ses méfaits sont orientées vers les spécialistes de la relation d'aide. Je crois pourtant, que les Ecritures sont claires, que Dieu est capable de nous garder de ces dérives, si nous nous appuyions entièrement sur Lui. Je crois qu'il n'est jamais trop tard, selon ce que nous lisons dans les Evangiles pour s'accrocher au Père, en le prenant au mot, en refusant de se laisser contrôler par la chair.

 

Les éléments de restoration sont connus : le pardon, l'humilité, la soumission, la patience, la compassion; en sachant que le Seigneur est capable de délivrer et de répondre aux prières de tous ceux qui l'invoquent.


Rester vigilant..

Hébreux 12:15
Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu'aucune racine d'amertume, poussantdes rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés ;
Veillons, faisons en sorte, en effet, de ne pas provoquer en soi ou chez les autres cette amertume dont il est difficile de se débarasser quand elle a déjà commencé à porter du fruit. Trop souvent, certaines de nos décisions, certains de nos choix irréfléchis engendrent de l'amertume à notre insu. Même notre bonne volonté ne nous met pas à l'abri de ce phénomène. Nous devons rester conscients des effets que provoquent nos choix, et chaque fois que c'est possible rester attentifs aux besoins de chacun.
Certes ce n'est pas toujours facile de tout prendre en considération, mais le Seigneur nous guidera si nous lui en laissons le temps. Souvent ce qui semble confortable et facile génère plus de problèmes qu'il n'y paraît à la surface. De nombreuses personnes sont ainsi offensées ou destabilisées et gardent le silence, mais se laissent envahir par l'amertume qui s'installe progressivement.
D'autres fois, c'est parce que nos décisions ne sont pas suffisamment explicitées, voire même pas du tout expliquées, et ce pour plusieurs raisons. Notre conception du leadership (surtout dans l'Eglise) nous amène à fonctionner comme si nous n'avons pas de compte à rendre, dans d'autres cas, c'est à cause de notre incapacité à prendre du recul pour être en mesure d'expliciter avec les bons arguments ce que nous avons décidé.
Nous devons assumer les dommages que nous causons dans le coeur de ceux qui nous suivent, avec lesquels nous oeuvront. Cette responsabilité est importante: elle devrait nous pousser à prendre le temps d'écouter, de comprendre, de connaître ces personnes, et interagir ensemble de sorte que chacun puisse garder son équilibre. Le commandement d'aimer son prochain inclut aussi cette responsabilité de veiller sur soi, de sorte que l'on ne cause pas de dommages chez son prochain. Nous marchons donc avec circonspection et nous sommes constamment à la recherche de la sagesse divine qui est pure, pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d'hypocrisie (Jacques 3:17).
Cette affaire est sérieuse parce que lorsque l'amertume est installée dans le coeur d'un croyant, elle produit des effets négatifs pour la personne atteinte mais aussi sur le groupe. l'amertume rend le pardon et la repentance plus difficile, le coeur s'endurcit, les relations en souffrent. Il faut donc prendre cette recommandation de l'épître aux Hébreux très au sérieux, afin d'éviter de remettre un enfant de Dieu sous le joug de la chair. L'amertume est un chemin qui ramène le croyant en arrière, le fait rétrograder, le prive pour un temps, parfois pour longtemps des bénéfices de la grâce de Dieu !
Oui Jacques a raison de nous exorter à l'utilisation de la sagesse divine de sorte que nos relations permettent à chacun de s'épanouir, de rayonner en Jésus pour la gloire de Dieu !