Connaître Dieu

Mathieu 25:14-30

 

Après avoir relu cette parabole, l’Esprit de Dieu m’a amené à réfléchir sur ce qui a manqué à ce serviteur inutile: certes, il n’a fait aucun effort pour investir son talent et le faire fructifier, il n’a pris aucun risque, par ailleurs, de peur de le perdre: c’est une conception misérabiliste de la vie. Au-delà de ces deux constats, c’est ce qu’il dit de Dieu, la conception du Seigneur, qu’il a exprimée  qui m’a interpellé. Il semble bien que ce soit la vraie leçon à tirer de cette parabole. Ceux qui ne connaissent pas Dieu, ne peuvent pas donner à leur vie sa véritable portée.

 

Il est vrai que connaître Dieu, comprendre ce qu’Il attend de chacun de nous, en particulier, n’est pas chose aisé. Mais le Seigneur n’exige jamais de nous ce que nous ne pourrions pas faire. En fait, Il est le Meilleur pédagogue qui existe, le créateur de la pédagogie, de l’art de faire apprendre, de développer le potentiel humain. Il a mis au point un dispositif infaillible pour que nous le connaissions et que nous développions notre personnalité, par  notre relation avec Lui.

 

Dans le cadre d’une formation à l’intention des équipes d’école, cette semaine, j’ai été amenée à revoir les gestes et postures des enseignants et à les mettre en parallèle avec les postures des élèves.

L’auteur qui a effectué ces recherches a élaboré une sorte de référentiel en détaillant les gestes qui favorisent l’apprentissage et les postures des apprenants qui leur permettent d’acquérir les compétences visées.

 

En prière, ce matin, je réalise que l’un des points de ma conclusion sur les postures des uns et des autres me ramène au rôle du Saint-Esprit. Parmi les postures des élèves, une en particulier permet la réflexion, la capacité de nommer les objets de savoir, de comprendre et d’être conscient des ressources, des stratégies acquises et dont on dispose désormais.

 

Cette posture réflexive de l’apprenant, conclut la chercheuse se développe plus facilement quand l’enseignant adopte une posture d’accompagnement. C’est exactement ce que fait l’Esprit Saint à nos côtés. Il pointe vers Dieu, sa présence, son amour et la vérité. Il nous révèle, tendrement, pas à pas, dans une relation intime, à notre rythme, en restant dans notre zone proximale de développement, les éléments de la volonté de Dieu dont nous avons besoin.

 

Il nous permet de construire, progressivement, par l’acquisition de savoirs, l’utilisation de ressources, de processus (la sagesse), par l’expérience ( les situations vécues dans la foi) une représentation de Dieu conforme à la vérité. Il faut lui permettre de garder cette posture d’accompagnement, en se laissant guider, parce que c’est cette posture qui nous permet de progresser vers plus de réflexivité.

 

Souvent, et c’est mon cas, on s’engage à fond, dans une action et c’est à peine si l’on prend le temps de bien comprendre tout ce qui se joue, autour de nous. Souvent, nos émotions nous alertent et si on n’y prend garde, elles nous jouent de vilains tours. En fait, elles se comportent comme des antennes, elles captent des signaux et nous envoient des messages, pas toujours faciles à interpréter.

 

Le Saint- Esprit, dans sa posture d’accompagnement, nous aide à y voir plus clair, car il développe en nous la capacité de faire le point, de revenir en arrière pour mieux comprendre et faire sens de ce qui s’est réellement passé, en sorte que nous ne soyons pas tyrannisés par nos émotions et que nous puissions rester dans une clarté cognitive, qui nous permet d’utiliser les stratégies, les procédures, les ressources dont nous disposons.

 

C’est pourquoi nous sommes encouragés à méditer la Parole, pas seulement à la lire. Le Saint-Esprit enseigne, comme un instituteur bienveillant dans une relation intra personnelle avec chacun, mais en lui permettant de se construire, de développer son potentiel dans les interactions avec les autres, dans le groupe. Tous les chercheurs ont compris, que les êtres humains doivent être acteurs de leur développement, ce que la Bible enseigne depuis longtemps.

 

Il faut chercher, demander, frapper, ce qui signifie être activement impliqué dans son développement. Il faut compter sur l’Esprit mais rester attaché, avoir besoin de son aide, le reconnaître et la solliciter. Cependant, Dieu a voulu que nous vivions en groupe, et que dans le cadre de ce travail de groupe, chacun développe pleinement ses capacités, son potentiel.

 

Ainsi, comme un excellent pédagogue, Dieu par son Esprit, nous place dans des modalités d’organisation pédagogiques (pour faire apprendre) différentes selon ses objectifs et nos besoins, et dans des groupes différents, selon le niveau que nous devons atteindre. Il nous appartient de nous laisser guider pour atteindre les bénéfices visés par ce conducteur divin. Ainsi même nos coéquipiers sont déterminés pour une saison, et les relations, nos interactions dans le groupes sont prévues de sorte que nous développions notre potentiel.

 

Le processus d’apprentissage nous laisse parfois perplexes, et comme tout bon pédagogue, le Seigneur nous laisse le temps de chercher à comprendre, de nous engager en utilisant nos acquis antérieurs pour construire des nouveaux savoirs en taclant l’obstacle qui se dresse devant nous. Puis arrive le temps de l’étayage du Maître toujours savamment dosé, pour nous laisser la responsabilité de nos avancées, le temps de la compréhension et la joie de la découverte.

 

Nul doute que d’autres situations nous permettront de consolider ces nouveaux savoirs, et de développer pleinement ces nouvelles compétences. On peut compter sur le Maître pour utiliser les gestes, les postures du pédagogue pour ajuster l’atmosphère, piloter les situations, dans nos vies de sorte que tout « concourent à notre bien ».

 

Le temps vient où la réflexion nous permet un retour réflexif indispensable, et à travers des activités de « métacognition », le Saint-Esprit nous guide dans une méditation qui nous aide à comprendre ce que le Seigneur a accompli, comment Il nous a fait avancer, ce que nous avons appris. C’est le temps de la sagesse, après celui de la connaissance, le temps de l’illumination et de l’appropriation.

 

C’est aussi ce temps qui nous rattache à Dieu de manière plus profonde, qui nous enracine en Lui et accroît notre amour pour Lui quand nous contemplons l’étendue de sa Grâce, et qu’émerveillés nous ouvrons notre coeur à plus d’amour encore…

 

Il est indispensable que nous permettions à l’Esprit de garder cette posture d’accompagnement parce que sans elle nous ne pourrions pas développer et garder une représentation correcte de notre Dieu. Progressivement, si nous n’y prenons garde, nos expériences dans les situations quotidiennes viendraient tordre et déformer notre conception de Dieu. Alors, comme ce serviteur inutile qui n’a pas su faire fructifier son talent, nous serions disqualifiés au seuil de la vie éternelle.

 

Ce serviteur, en effet, ne s’est pas laissé accompagner par l’Esprit pour développer son potentiel, il s’est laissé abusé par une mauvaise conception de Dieu. Il a donc agi sur cet a priori toxique et a pris de mauvaises décisions quant à sa vie. Il en a payé le prix : il a tout perdu. Ainsi en est il de notre vie, quand nous négligeons notre potentiel, c’est notre vie qui perd tout son sens. Si notre conception de Dieu est mauvaise, notre foi perd toute sa portée, et le Saint-Esprit ne peut pas nous accompagner. Le résultat est catastrophique !

 

Il faut donc comprendre que, même si nous avons la Parole de Dieu, il faut permettre à son Esprit de nous accompagner, chaque jour, de sorte que nous développions tout notre potentiel, dans le cadre d’une relation personnelle, vraie, basée sur ce que Dieu est et ce qu’Il veut.

 

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