Souffrir ?

Romains 8:18 J'estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous..

 

Il n'y a pas très longtemps, mon époux et moi-même avons savouré ensemble un livre très encourageant sur le thème de l'adversité. Je dois reconnaître que tant que l'on a pas connu de moments très difficiles, d'épreuves qui durent dans le temps et vous laissent perplexes, on parle de l'adversité avec légerté.

 

Ce qu'on lit d'habitude sur le sujet effleure à peine la surface compte-tenu de la diversité des circonstances douloureuses et des conséquences terribles que l'on peut avoir à supporter. l'auteur de ce livre très motivant, n'est autre qu'une soeur handicapée; en fait elle est complètement paralysée: sa tête seulement fonctionne. Condamnée ainsi depuis sa jeunesse, après un accident de plongée, elle s'est retrouvée en chaise roulante, dépendante et déphasée.

 

Après de longues périodes d'hospitalisation, elle s'est tournée vers le Seigneur afin de recevoir la force d'accepter de se soumettre à sa souveraineté. Certes, le Seigneur aurait pu lui épargner ce genre de vie, ou l'en délivrer mais puisqu'il ne le fait pas, elle le sert de tout son coeur et reste déterminée à accomplir sa destinée.

 

Non, elle n'accuse pas son Dieu d'être à l'origine de son état, mais elle sait que rien ne le tient en échec, alors elle continue à avancer. Cela m'amène à conclure que la souffrance a sa place dans le plan de Dieu et qu'elle ne constitue pas un obstacle insurmontable. Cependant, trop souvent quand on évoque la souffrance, on parle d'une phase transitoire et limitée dans le temps qui doit pouvoir se terminer dès que la personne concernée aura trouvé les raisons profondes ou l'attitude à adopter pour les abréger.

 

Mais que dire à toutes ces personnes croyantes, fidèles, qui sont lourdement handicapées. Doivent elles se considérer comme des citoyens de seconde zone du Royaume, comme des sujets à la marge, anormaux et tout juste tolérés? L'aveugle de naissance croyant sincère, authentique, fidèle doit il passer sa vie à croire qu'il va recouvrer la vue et devenir un chrétien "normal", bienheureux?

Les béatitudes, ces passages qui ciblent et caractérisent ceux que le Seigneur appellent bienheureux, bénis sont ce des personnes qui vivent un bonheur sans limite, auxquelles il ne manque rien?

 

Il y a t-il une vie chrétienne intense, productive, bénie pour les bien-aimés handicapés, souffrant, vivant dans des circonstances difficiles, et cela même s'ils continuent de croire en la délivrance? L'apôtre Paul a lui aussi, en son temps, cru qu'il lui serait difficile d'accomplir sa mission avec cette "épine dans la chair" que le Seigneur avait refusé par trois fois de retirer. Mais Dieu lui a ouvert les yeux en lui enseignant: "Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse". 

 

Paul a donc appris à reconsidérer la souffrance, les persécutions, la détresse, de sorte qu'il a permis à Dieu d'être fort à travers lui. Il a compris que le Seigneur, dans sa souveraineté et son omniscience, sait maîtriser sa création afin de rester en mesure d'accomplir sa volonté. Certains d'entre nous, à la saison indiquée seront affaiblis pour que le Père, à travers nous manifeste sa puissance. Paul reconnait que les preuves de son apostolat ont ainsi éclatées (2 Cor 12:12) à cause de sa "patience à toute épreuve".

 

L'apôtre a appris à apprécier à leur juste valeur les calamités, la détresse, comprenant que ses souffrances paient un prix au-delà de ce que nous pouvons comprendre; un prix qui libère la puissance de Dieu à travers nous. Certaines vies ont été choisies pour cela, distinguées dans ce but. Nous ne comprendrons pas tout, à l'instar de Job, qui en son temps, n'a pas tout compris, même après l'intervention de Dieu. Il n' a pas reçu d'explications claires sur le but des souffrances qu'il a endurées. Il a appris à se courber devant la souveraineté de Dieu.

 

C'est pourquoi notre Seigneur nous demande d'avoir en nous les "sentiments qui étaient en Jésus Christ" (Philippiens 2:5). C'est en acceptant une vie d'épreuves, de rejet, de difficultés que Jésus a accompli la volonté du Père. C'est en acceptant l'inconfort, l'insécurité, la vie en marge de la société qu'Il a payé le prix. C'est en prenant le contrepied de l'orgueil de lucifer, de la vanité du prince de ce monde que le Seigneur a marché, toute sa vie vers la croix...

 

Nous ne pouvons pas oublier ses paroles: pour le suivre, il faut porter sa croix... Aujourd'hui, quand quelqu'un souffre dans la foi, on s'étonne, on piaffe, on cancanne, on cherche les raisons.. Quand quelqu'un tient bon dans les épreuves, on veut à peine voir la main du Seigneur qui le soutient.. On profère des paroles vaines et inutiles, vides de sens.. Moi aussi j'ai été de ceux-là, jusqu'à ce que j'apprenne à prendre ma croix et à le suivre..

 

Le silence s'impose alors, le ciel s'assombrit puis s'éclaircit. Les mots n'ont plus le même poids, les Ecritures prennent toute leur place. Patmos, dans sa réalité finit par vous positionner "dans l'Esprit" pour entendre, recevoir, s'approprier les révélations du Seigneur. La lumière de l'exil finit par nous éblouir, le désert par nous remplir. Le silence n'est plus silencieux, la solitude devient intimité avec celui qui nous a appelés. La souffrance terrible combat pour rester au premier plan, mais déjà la gloire du Seigneur agit...

 

On souffre davantage quand on considère les épreuves et la souffrance comme une déveine, comme un accident fâcheux qui disqualifie.. La vie du Seigneur, celle même qui nous a rachetés, fut une vie d'incompréhension, de rejet, de solitude au milieu de la foule, mais d'intimité glorieuse avec le Père. La vraie vie, d'ailleurs, ne se situe ni dans le corps, ni dans la chair, ni dans la société, mais dans le coeur conquis, inondé, prosterné, et utilisé par le Seigneur, pour sa gloire. Et même si nous ne recherchons pas les souffrances et la détresse, nous savons que nous "sommes son ouvrage, ayant été recréées en Jésus-Christ pour de bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions..(Ephésiens 2:10)

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