L'ultime sacrifice...

(..) "il l’a fait devenir péché pour nous"(..) 2 Corinthiens 5:21

 

Chaque lecture de la Passion de Christ nous interpelle sur un aspect en particulier.. Cette fois, c'est la condamnation de Jésus, non pas celle des hommes, mais celle que le Père a prononcé sur Lui à ce moment précis qui me touche profondément. 

 

Lui, le seul humain sans péché, qui a réussi à plaire, en tout point au Père... Lui qui n'a pas hésité à donner sa vie, après avoir répandu la Lumière du Royaume, après avoir apporté tous les bénéfices de la gloire de Dieu à toute humainité perdue, séparée du Père, plongée dans les ténèbres.. Lui qui n'a cessé de faire référence au Père, de pointer chacun vers Lui, se soumettant en tout point à sa volonté...Lui le modèle inédit d'humilité, d'intégrité, de justice, d'amour...Lui dont l'apôtre Jean dira: "la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ" Celui-là même a été fait péché...

 

N'est ce pas le comble de la souffrance qu'une telle vie se termine par une condamnation de ce calibre, une condamnation non pas seulement humaine, mais surtout céleste. Il ne s'agit pas d'une erreur judiciaire, il ne s'agit pas d'une injustice humaine, que Dieu désapprouve. Il s'agit du plan de salut que le Père a voulu et déterminé à l'avance pour le rachat des hommes.

 

Jésus a donc vécu sur terre tout ce temps pour faire face à cette condamnation inévitable. Il s'est évertué à résister à toutes les tentations, à se trouver chaque fois au rendez vous de la volonté de Dieu, de sorte que chacun de ses actes établisse la véracité de ses paroles, de sorte que le Royaume soit établi parmi les siens par une démonstration de la présence de Dieu, de sa puissance, de son amour au secours de l'humanité.

 

Rien n'a tenu en échec sa détermination à parvenir à ce rendez vous avec le Père. Il fallait la trahison, par un élément de son cercle d'intimes, nourri en son sein, pendant trois ans, témoin de son innocence et de son intégrité. Il fallait que cet homme voit les miracles accomplis, reçoivent les enseignements puissants que rapportent plusieurs de ses compagnons de route.. Il fallait la confusion entre le statut et le destin de Jésus aux yeux de cet homme qui n'a pu se laisser convaincre que le Seigneur n'était pas un leader politique venu restaurer la gloire d'Israël, malgré tous les actes essentiellement spirituels que Jésus a accomplis sous ses yeux..

 

Non rien n'a tenu en échec sa détermination à parvenir jusqu'à ce rendez vous divin: il fallait aussi l'arrestation, le reniement de son chef de file, ou de celui qui se prenait pour l'inconditionnel disciple.. Il fallait la condamnation injuste des hommes, l'humiliation dégradante, comme si son humilité n'était pas suffisante... Il fallait la souffrance physique au-dessus des forces humaines.. Il fallait le dénuement total, tant physique que moral, aux yeux de tous, tandis que les siens s'évertuaient à Lui enlever toute dignité, toute stature, dans une volonté d'en effacer le souvenir à jamais..

 

Ni l'assurance d'une mort atroce, ni les quolibets insupportables, n'ont empéché Jésus de se retrouver son seulement sur la croix, mais surtout et pour la première fois, séparé de la présence du Père, parce qu'Il portait nos péchés, parce qu'Il est devenu pécheur pour nous. Devenir péché quand on a été et vécu ce que Jésus a vécu ce n'est même pas concevable.. Pourtant c'est ce que le Christ a accepté de faire pour nous libérer du péché. Il n'y avait pas d'autres alternatives pour payer le prix du péché originel. Un homme devait se porter volontaire, prendre le contrepied de la désobéissance du premier Adam, de son orgueil, et se déterminer à accepter souffrance, rejet, humiliation, dénuement total pour accomplir toute la volonté du Père, payant ainsi le prix du rachat de l'humanité. 

 

Ainsi, en devenant péché pour nous, sans avoir jamais eu une nature pécheresse, Jésus a mis en échec, mis fin à la mainmise totale de satan sur les hommes. Il a ainsi vaincu la tyrannie, la terreur de l'ennemi sur nos âmes, l'esclavage infernal de nos âmes.. Comme l'animal de l'ancienne Alliance, Il a accepté de prendre sur Lui tous nos péchés de sorte que la justice de Dieu puisse nous être imputée.. Il était, Il est la Parole, cette Parole rédemptrice est devenue acteur rédempteur: Il a dit, annoncé, mais aussi mis en oeuvre tout ce qui était nécessaire à notre salut. Ainsi l'ennemi n'avait aucune chance de le vaincre !

 

Ce qui est facile à concevoir aujourd'hui a certainement été très douloureux à envisager pour notre Sauveur.. Dans le jardin de Gethsémanée, on ne doute pas que l'évocation de ce moment de séparation d'avec le Père a provoqué des douleurs plus insupportables encore que celles de la croix.. Pourtant Jésus n'a envisagé aucun compromis et a mis un comble à son amour pour les hommes en devenant péché pour chacun de nous..

 


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Commentaires: 1
  • #1

    Melchior doudji (mercredi, 15 novembre 2017 22:22)

    Que c'est beau ce qu'il a fais pour nous