Humilité et Liberté...

Nombres 13:27

Voici ce qu'ils racontèrent à Moïse : Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés. A la vérité, c'est un pays où coulent le lait et le miel, et en voici les fruits. 

13:31

Mais les hommes qui y étaient allés avec lui dirent : Nous ne pouvons pas monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous.

 Jean 8 :36

Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.

 

Malgré les miracles extraordinaires dont les enfants d’Israël avaient été témoins, la vérité de la fidélité de Dieu, de la puissance de sa Parole et de ses promesses n’étaient pas ancrés dans ce peuple. Leur chair avait vu, mais leur âme n’avait pas été conquise. Leur raisonnement était limité par leurs schémas de pensée, et la foi n’avait pas pu s’enraciner dans leur cœur. Ils avaient vécu jusque- là au bénéfice de la grâce de Dieu, mais elle n’avait pas pu les amener à s’attacher aux principes divins.

C’est la preuve que l’on peut voir Dieu, sans le connaître, sans avoir accès à la vérité. C’est aussi la preuve que nos raisonnements, notre fonctionnement naturel ne nous permettent pas de nous attacher à Dieu.

 

C’est aussi la preuve que le cœur de l’homme peut être extrêmement confus, et que cette confusion le mène à sa perte, même quand de grandes opportunités s’offrent à lui. Ces hommes avaient déjà vu Dieu en action. Ils avaient donc une base pour choisir de croire : des expériences glorieuses leur avaient déjà enseigné la puissance de l’Eternel et son amour pour son peuple. Ce qu’ils ont vu Dieu faire en Egypte était assez spectaculaire pour qu’ils puissent choisir le chemin de la foi, au lieu de se laisser intimider par la taille de leurs adversaires. D’ailleurs, parmi eux, Caleb et Josué ne s’y sont pas trompés : ils ont fait le choix de la foi, celui de s’appuyer sur la vérité, pas sur la réalité.

Ceux qui veulent vivre en s’appuyant sur la réalité, sur les apparences ne peuvent pas aboutir à un accès à la vérité synonyme de liberté.

 

Oui c’est la vérité qui affranchit. Mais cette liberté ne s’obtient que lorsque nous abandonnons nos vies, entre les mains du Seigneur, car tout en nous, toutes les dimensions charnelles de notre être nous gardent captifs, confus et éloignés des principes du Seigneur.

La chair, on le sait ne veut pas se soumettre à Dieu, elle ne le peut même pas, disent les Ecritures.

Notre éducation, même quand elle incluait des préceptes religieux, dans tout ce qu’elle contient de contradictoire, de paradoxal ne nous permet pas de nous laisser pénétrer par les principes de l’ordre divin.

 

La vérité se heurte aussi à ns stéréotypes, nos a priori, ces idées toutes faites que nous ramassons ça et là, ainsi que d’autres principes de vie, collectés lors de nos lectures, conversations, interactions avec notre environnement. Tout cela s’accumule en nous pour former un ensemble divergent et insaisissable qui en plus est largement influencé par les circonstances, nos humeurs du moment, nos expériences et nos positionnements.

 

Pour être plus exhaustif, il faudrait aussi parler de l’influence des autres, sur nos opinions, notre regard sur la vie, notre lecture, notre niveau de compréhension des évènements autour de nous, nos réactions. On ne peut oublier nos désirs et aspirations profondes, celles qui restent enfouies en nous, et qui nous animent, sans toujours être audibles ou compréhensibles. Certaines expériences ont suscité en nous des besoins, des contraintes qui nous gouvernent, qui président à nos choix, alimentent des appétits et des convoitises, dirigent nos schémas de pensée, bien plus que nous le savons.

 

Tout cela crée en nous beaucoup de confusion, d’aspirations contraires qui nous maintiennent éloignés de la vérité, de l’ordre divin. Cela explique aussi, en partie, pourquoi la majorité des humains préfèrent considérer la vérité comme relative, comme un concept qui ressort de l’évolution de la vie des hommes, plutôt qu’un attribut divin. Ainsi, ils peuvent déplacer le curseur, au gré de leurs besoins et rendre moral ce qui était, encore hier, inacceptable.

 

Les enfants de Dieu tiennent cette vérité comme immuable que l’ordre divin, les principes de Dieu constituent la volonté révélée du Seigneur et que les Ecritures en sont la révélation donnée par l’Eternel lui-même. Le fait qu’il nous soit impossible, par nous –mêmes d’y accéder, ne change rien au caractère divin, sacré de l’affaire. Dieu l’a voulu ainsi, que Christ est le seul chemin, la vérité et la vie (Jean 14 :6). Il n’y a donc aucun moyen de parvenir à la vérité, que d’abandonner sa vie à Dieu, par Christ, en Christ.

 

Le terme abandonner peut paraître fort, mais il se justifie par tout ce que je viens d’établir. Notre propre volonté ne suffit pas pour accéder à la vérité. Notre chair n’a pas accès aux principes divins. C’est donc en soumettant notre vie totalement à Dieu, en Christ, que nous recevons cet accès à la vérité : Jean 8 :32 . C’est la Parole de Dieu qui exprime et établit cette vérité, pour y avoir accès, il faut se dépouiller de ses attributs charnels et vouloir se soumettre à Dieu : Romains 12 :1-2

 

Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable

Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.

 

Il faudra donc accepter de se dépouiller, de se vider pour avoir accès à une connaissance, puis à telle une appropriation de la vérité que tout notre être en sera transformé : c’est là que les Ecritures appellent la régénération, aspect fondamental du salut. Cette soumission à Dieu, en Christ, implique une humilité qui va croissant dans la vie du croyant et une décentration de soi vers Dieu, son royaume et sa justice (Matthieu 6 :33). Il s’agit de se vider de soi, pour se remplir de tout ce qui concerne Dieu et son royaume et sa volonté.

 

Il s’agit donc bien d’humilité, en comprenant bien, que l’humilité consiste premièrement à se dépouiller, puis à se décentrer pour permettre une concentration sur Dieu. L’apôtre Paul est un exemple de cela, lui qui a si bien décrit la démarche de notre Seigneur et Sauveur, qui le premier nous a montré l’exemple. Il s’est dépouillé de sa gloire pour prendre notre condition humaine, et a été obéissant jusqu’à la mort, afin que la volonté de Dieu le Père soit faite. L’apôtre Paul nous rappelle, dans ses épîtres comment, lui aussi, a rejeté tout ce qui constituait sa fierté et même son identité pour abandonner sa vie à Dieu, afin de le servir.

 

Sans doute, pensez- vous que nous ne sommes pas concernés par une telle consécration ; pourtant, si notre vie appartient vraiment à Dieu, c’est Lui qui doit régner en nous. Comment le ferait-il si nous restons assis sur le trône de notre existence ? C’est pourquoi Romains 12 : 3 nous exhorte à…l’humilité :

Par la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun de vous de n'avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun.


Une trop haute opinion de nous –même nous empêche de nous abandonner à Dieu afin qu’Il nous transforme et fasse de nous des serviteurs fidèles. Certaines expériences qui jalonnent notre marche avec Dieu sont douloureuses et difficiles, à l’exemple de la vie du Seigneur Jésus, et de ses disciples.

Si l’orgueil nous garde captifs, nous serons incapables de suivre Dieu. Cet orgueil est, d’ailleurs, plus subtil qu’on croit. Il faudra donc, dans une décision ferme, maintenue et renouvelée, se dépouiller, se vider de tout ce qui peut nous garder ou nous ramener vers une haute opinion de nous-mêmes, ou au contraire vers des idées préconçues qui font obstacles à notre foi.

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0