Maturité et sagesse

 Proverbes 1:7

La crainte de l'Éternel est le commencement de la science ; Les insensés méprisent la sagesse et l'instruction.

 

 

 

D'emblée, le lien entre la crainte de l'Eternel et la sagesse n'est pas évident. Pourtant, ceci est un principe fondamental. La deuxième partie du verset explique un peu la première: ceux qui veulent vivre en ignorant se posent peu de questions et surtout ne s'efforcent pas de reconnaître Dieu, encore moins de s'y soumettre: c'est en cela qu'ils sont incensés.

 

Ignorer Dieu, ses principes et sa volonté c'est manifester de la bêtise suprême car Il est présent et puissamment actif, quand même : c'est donc prendre un risque incensé. C'est aimer sa vie au point de la perdre, la Bible le dit, et c'est s'égarer alors que le chemin est indiqué et balisé.

 

Croire en Dieu et ne pas s'y soumettre participe de la même absurdité. Connaître l'existence de Dieu, comme les démons et refuser de le servir, c'est se condamner. Autant, selon Jean 3:16, Dieu a envoyé son Fils pour sauver ceux qui croient, autant selon le même passage, ceux qui choisissent l'incrédulité sont déjà condamnés. Refuser de prendre les Ecritures au sérieux peut coûter cher, et ce sont les incensés qui font consciemment ce choix.

 

Ils sont réellement incensés ceux qui se détournent de la vie en abondance que Dieu propose (Jean 10:10) pour galérer misérablement, même dans l'opulence toute leur vie (y compris l'éternité). La Bible oppose donc justement les incensés aux sages, et pas seulement à partir de leur CV mais plutôt selon leur réponse à Dieu , quand ils sont confrontés à Jésus-Christ. Celui qui refuse Jésus Christ refuse la chemin, donc préfère la perdition, refuse la vérité donc préfère le mensonge et la confusion, refuse la vie donc se destine à la mort, c'est à dire l'éternité sans Dieu. 

 

Celui qui refuse Jésus Christ comme Sauveur et Seigneur personnel, refuse celui dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse  et de la connaissance (Colossiens 2:4); il préfère donc être et rester un incensé ! Dieu a voulu que nous soyons enrichis d'une pleine intelligence pour connaître (faire corps à, adhérer pleinement, s'approprier totalement) ses mystères. (Colossiens 2:3). 

 

Dieu veut se révéler à chacun de nous afin que nous comprenions sa volonté et que nous puissions l'accomplir. C'est un cheminement, un chemin de maturité qui passe par la prière fervente, l'adoration intense, la méditation assidue et des épreuves réussies avec patience, soumission et dévotions. Ce processus de maturation passe par le brisement, car Dieu courbe notre volonté, et sanctifie notre être intérieur afin qu'il puisse recevoir de son Esprit. Puis vient le renoncement: il faut non seulement se soumettre mais aussi et surtout s'abandonner comme un sacrifice vivant: vivant parce qu'il est bien question de vivre, de vivre pour Dieu et par Lui, mais de mourrir à ses propres désirs, ambitions et idéaux, pour accepter ceux que Dieu désire nous inculquer.

 

Aucune réussite ne peut être considérée comme telle s'il ne s'agit pas de la volonté de Dieu qui nous a été imprimée sur les parois de nos coeurs. Aucune réussite n'est considérée comme telle si elle n'a pas été accomplie selon Dieu, et pour sa gloire. Quand on comprend cela, on se laisse saturer par la présence de Dieu, afin de ne pas se trouver dans la situation de ceux qui se verront refuser l'entrée au repos céleste, après avoir cru oeuvrer au nom du Seigneur. (Matthieu 7:22). Ce renoncement permet à l'Esprit d'oeuvrer en nous (Romains 12:1-2) et de construire en nous le "vouloir et le faire" selon Dieu (Philipiens 2:13);

 

Qui veut donc devenir sage, comprend que c'est reconnaître, se courber, se soumettre, s'abandonner à Dieu qui est le commencement de la sagesse. En effet, quand on s'abandonne et que l'on se laisse guider, l'Esprit de Dieu peut nous enseigner et nous guider, ainsi nous devenons pleinement, réellement "enfants de Dieu" (Romains 8:14); nous ne sommes enfants de Dieu que lorsque le Seigneur peut nous instruire, nous guider, se révéler à nous. Alors nous prenons le temps de le contempler et cela nous amène à Lui ressembler:  2 Corinthiens 3:18 3:18

Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit.

 

Ce processus ne peut pas être enclenché chez des personnes fières, orgueilleuses, qui refusent de se courber et de s'abandonner devant Dieu. 

La crainte dont parle ce verset, n'est donc pas une sorte de grande frayeur qui nous tient éloigné de Dieu, dans une ignorance maléfique et un esclavage infernal. Cette crainte est une révérence profonde qui nous mène à la repentance, à la foi, à la soumission, au brisement, au renoncement et à l'engagement.

 

Notre foi et notre amour pour Dieu, établis dans sa Parole, activés par son Esprit, nous poussent à obéir, à suivre celui que nous considérons comme notre Maître. Nous sommes donc par cette crainte/révérence enfant et disciple, ouvrier et adorateurs. Notre foi sans engagement serait morte, inactive et sans effet (Jacques 2:17) , tandis que celle que l'Esprit developpe en nous, comme un fruit ( Galates 5:23) nous pousse à nous engager en Dieu et avec Dieu pour accomplir sa volonté.

 

Cette foi nourrie par la Parole s'engage dans un service préparé par Dieu Lui-même (Ephésiens 2:10) et c'est encore par la sagesse et la connaissance de ses principes que Dieu nous amène à comprendre et à faire ce qui lui plaît. Il serait incensé de choisir nous-même ce que nous voulons entreprendre et de considérer Dieu comme un distributeur de réussites. La crainte/révérence de l'Eternel nous pousse à l'honorer, à rechercher sa volonté pour l'accomplir. Cette recherche implique une vie à pas comptés, une marche prudente et à l'écoute du maître.

 

Cette marche prudente et sage nous amène à considérer notre Dieu comme la source de tout ce qui nous concerne et l'autorité suprême. Cela implique une gestion maitrisée de nos émois, désirs et une grande prudence face à tout ce qui nous est proposé et tout ce à quoi nous sommes confrontés. Cette crainte/révérence n'est pas une peur, mais un profond désir de trouver et de faire le choix de ce que Dieu veut. En cela nous devenons plus avisés, plus difficiles à manipuler. Nous ne cherchons à nous faire plaisir, nous ne sommes plus sous la tyrannie de la chair (Galates 5;16). Dès lors, en effet, que nous ne cherchons plus la gratification immédiate ou retardée de nos désirs charnels, mais que nous sommes obstinément à la recherche de ce qui plaît à Dieu, nous devenons de plus en plus avisés, capables de recevoir, comprendre et accomplir ce que Dieu veut.

 

Il est donc clair, que le commencement de ce processus de maturation, de sagesse,  c'est la crainte/révérence de Dieu qui nous amène à la foi, la repentance, le brisement, le renoncement et l'abandon de soi...

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0