Parce que nous le valons bien...

Néhémie 2:1-17

 

Avant d’aller plus loin, il est bon, je crois de noter, à ce stade, que la fonction de Néhémie ne prépare pas le lecteur de la Bible, à découvrir un personnage si sage, si averti, si courageux. Bien qu’un «simple» serviteur à la cour, Néhémie est profondément croyant, sa foi est intacte, elle est même très fidèle et très efficace, et il est brave. 

Il est vrai que pour servir le vin au roi, il fallait être calme, d’humeur égale, être humble et précis dans ses gestes. Nul doute, que Dieu dans son omniscience avait équipé et préparé son serviteur avant de le placer dans de telles fonctions. 

 

Cependant, force est de constater que trop souvent, nous nous laissons définir par nos activités, nos fonctions. Nous nous limitons et réduisons notre rayonnement et notre potentiel à ce à quoi nous sommes occupés ici et maintenant. Il faut parfois, de grands bouleversements avant que nous soyons capables d’envisager de nous redéployer en utilisant tous les traits de notre personnalité et toutes nos facultés. L’image que nous donnons de nous mêmes amène parfois, les autres à nous classer dans des catégories bien étroites et à nous disqualifier, souvent d’ailleurs, avec notre aide.

 

Quelques fois, nous rejetons les appels de Dieu, en utilisant toutes sortes d’incapacités dont nous sommes convaincues, faute d’avoir su explorer toutes les facultés dont le Seigneur nous a dotées. Tout se passe comme si nous devions obtenir de notre environnement l’autorisation de croire en nous-mêmes et surtout de croire dans le Dieu qui nous a crées. Nous définissons notre identité, nous en faisons une estimation sommaire, et nous restons englués dans la conclusion à laquelle nous avons aboutit. En fait, le regard de l’autre, notre position dans la société, nous cantonnent trop souvent, à des perspectives limitées. 

 

Je crois que le regard de l’autre, l’opinion des autres, ne sont pas les éléments qui réduisent nos perspectives. C’est bien notre propre idée de nous-mêmes qui nous influence, à ce point, quand nous avons intériorisé ce que nous croyons comprendre des points de vue des autres. Pourtant, quand survient l’imprévu ou l’adversité, nous découvrons en nous, bien souvent, des capacités et un potentiel insoupçonnés. Comme Néhémie, nous nous positionnons alors, pour répondre à un appel intérieur, pour relever des défis. Nous constatons alors que les qualités requises sont déjà présentes et opérationnelles en nous, il suffisait de les solliciter... Notre Dieu sait bien tout cela, Lui qui affirme que «toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu»... (Romains 8: 28).

 

Il semble que la vie devrait nous permettre, pour peu que nous gardions les yeux sur Dieu, de développer tout notre potentiel et nous rendre capable de rayonner comme le Seigneur l’a prévu (Ephésiens 2:10). Nous ne devrions pas nous limiter, mais au contraire, quand nous sommes conscients de nos faiblesses ou de nos manques, chercher à développer tout notre potentiel. Malheureusement, nous avons plutôt tendance à nous laisser porter par la vie et pas à chercher à progresser, en utilisant toutes les opportunités dont Dieu parsème notre chemin. Plus notre vie est simple et facile, moins nous développons nos qualités. Plus nous aimons le confort, et plus nous restons englués au même niveau, quitte à perdre des atouts précieux. Voilà pourquoi, nous ne pouvons pas désirer une vie sans nuage, sans stress, sans défi, ce serait désastreux pour notre développement personnel. 

 

De nos jours, dans les sociétés occidentales, et dans les pays développés, certains doivent avoir recours à des formations, à des «coaches» personnels pour les aider à avancer, à se motiver. Quand la vie est si routinière qu’aucun défi ne vient assombrir un ciel sans nuage, il n’y a pas de pluie pour arroser notre jardin personnel, et donc pas de bons fruits. Cette vie devient stérile et ennuyeuse ; c’est une porte ouverte à tous les débordements et aux addictions.  Ceci explique pourquoi, notre existence est constituée d’une alternance de situations toutes porteuses de progrès, si toutefois, nous coopérons avec Dieu et lui permettons de nous former. Le Seigneur sait à quoi Il nous a destinés, et Il nous équipe, nous transforme tandis que nous cheminons avec Lui, pourvu que nous nous soumettions à son projet. 

 

Je peux donc conclure avec Néhémie que quand la «gracieuse main de l’Eternel» est sur nous, rien n’est impossible. Parce qu’il s’est laissé sollicité, ce serviteur est devenu gouverneur de Judée et a exercé pendant douze ans.  Non, les yeux n’ont pas vu, les oreilles n’ont pas entendu, il n’est pas rentré dans le coeur de l’homme ce que Dieu a prévu... 

 

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